Rencontre cet après-midi avec " le Communicator ", j'ai nommé Loïc Le Meur. Ce titre de gloire lui a été attribué il y a 3 semaines par Business Week, lequel journal a qualifié Loïc comme faisant partie des 25 personnalités les plus influentes dans le monde pour ce qui concerne Internet.
Pour ceux qui ne connaissent pas Loïc Le Meur, précisons qu'il est entrepreneur, qu'il a créé et revendue plusieurs entreprises en France, toutes liées à Internet, qu'il est considéré comme le père du blog en France et qu'il s'est exilé il y a un à San Francisco pour y développer son dernier né : Seesmic.
Nous recevant avec beaucoup de gentillesse et de simplicité, Loïc nous a fait part des différences culturelles entre la France et les Etats-Unis qu'il observe dans les affaires.
Je cite en vrac :
1) la nécessité ici " d'être d'ici ". Développer des affaires dans la Silicon Valley nécessite d'y avoir une entreprise implantée. La distance est suspecte, à la limite même pour les gens de Los Angeles. De ce point, la France n'est pas le tiers-monde, c'est juste ailleurs.
2) la gestion du temps est radicalement différente : tout se fait au dernier moment ; on ne prend jamais de RV à plus de 3 jours. Si vous voulez voir les gens, passez les voir à leur bureau. Ils vous font attendre ? Peu importe, votre iphone vous permet de continuer à travailler dans la salle d'attente. En quelque sorte, la gestion des agendas se fait sur le principe du "first in, less important out".
3) les entretiens sont directs et courts ; pas de salamaleks inutiles, on va droit au but. Baratiner met mal à l'aise. Les déjeuners d'affaires sont perçus comme un exotisme européen.
4) Prépondérance des échanges oraux et informels. Bien sûr, les américains restent procéduriers et finissent toujours par " contracter ". Mais les collaborations démarrent souvent sur la base d'un accord oral, à la confiance et rapidement. " les gens vous font confiance par défaut ; en France, on est dans la défiance par défaut ".
5) Le business conditionne tout, toujours, tout le temps. La vie sociale est rythmée par les affaires, les lieux que vous fréquentez, les gens que vous côtoyez ont toujours un lien, même lointain avec vos affaires.
6) Flexibilité extrême du travail : l'absence de protection sociale fait que les salariés attachent peu d'importance à leur statut (CDI ou free lance). Les licenciements sont rapides, simples et sans préavis. Inversement, les salariés peuvent quitter leurs employeurs sur le même mode.
7) Last but not least : les gens ne se plaignent jamais !
Magique, non ?
