Panique totale sur les marchés, brouillard complet, experts se querellant, responsables financiers et politiques se rejetant la faute de cette situation, faillites de certaines banques, petits épargnants apeurés et nerveux, indices déboussolés, immobilier chaviré, nombreuses familles prises à la gorge, crise économique majeure (systémique disent certains) : on vit une époque historique !
Quelques faits, glanés ici ou là :
- Le Cac 40 est passé de 4250 à 3200 en… 1 mois seulement perdant ainsi 25 % de sa valeur.
- L'immobilier londonien a pris au moins 15 % dans la figure en quelques mois (semaines ?)
- A Londres et à New York, quelques 150 000 financiers ont récemment perdu leurs jobs. Chaque jour à Wall Street, on voit des traders marcher dans la rue avec une caisse en carton remplis de leurs affaires personnelles dans les bras.
- Ce mouvement prévoit le retour en France de nombreux expatriés. Au lycée Français de Londres, on avait au printemps dernier une tuerie pour obtenir des places pour ses enfants ; la rentrée s'est finalement faite avec… 100 places non pourvues.
- A Paris, les transactions immobilières se sont asséchées : il n'y a plus d'acheteur et les vendeurs refusent de voir la réalité.
Mon appréciation de la situation :
- J'entends dire que le système bancaire mondial semble maintenant sauvé de la catastrophe c'est-à-dire de l'effondrement total du système. Je veux le croire, mais avec des banques cherchant de l'argent au jour le jour, on peut penser que d'autres faillites vont être annoncées sous peu. Les appels au calme des dirigeants politiques restent évidemment sans effet.
- Paradoxalement, le climat va vite devenir excellent pour les acteurs les plus forts ou ceux qui ont été les plus prudents. Dans la banque par exemple, BNP Paribas ou JP Morgan voient leurs concurrents disparaître. Cela leur donne un boulevard pour développer à moyen et long terme leurs activités et gagner des parts de marché. En outre, ces acteurs ont actuellement des opportunités pour racheter à très bon compte des actifs intéressants, ce qui leur permettra de gagner plusieurs années. Même situation pour Axa par exemple.
- J'entends dire par ailleurs que " la reprise viendra d'abord des banques ; ce sont toujours elles qui financent la croissance ; celle-ci ne repartira donc que quand les banques seront à nouveau à flot ". Point de vue intéressant.
- Pour le bousicoteur, il est évidemment trop tard pour se retirer. Je rejoins enfin Jean-Pierre Gaillard qui ne cesse d'affirmer (depuis un mois !!!) : " ne vendez pas ; il est trop tard ". Pour ceux qui ont la chance de disposer de liquidités, 2009 devrait être intéressant. Les fondamentaux de Publicis, de Total, de BNP ou d'Axa sont bons. Mais la prudence et la sélectivité restent de mise : la confiance est altérée et mettra du temps à revenir. Quoi qu'il en soit, il me semble encore trop tôt pour se redéployer, même avec des cours massacrés (Bénéteau, Total, Publicis).
Cela dit, les bourses anticipent toujours les rebonds avec plusieurs mois d'avance. Si la reprise économique se produit en 2010, on peut espérer une reprise boursière dès 2009.
- Enfin et surtout : les banques manquant d'argent (elles vivent au jour le jour actuellement), elles rémunèrent très cher leurs créanciers. Dans ces conditions, il est intéressant d'acheter des obligations bancaires, de devenir le créancier des banques en somme. J'entends parler de taux de rémunération dépassant parfois les 10 % !!! Evidemment, ce n'est pas liquide et surtout, seules les banques les plus fortes et théoriquement à l'abri de la faillite devront être retenues pour ce genre d'opérations.
Bon courage à tous !
Emmanuel de Saint-Bon
