J'ai acheté récemment un Nikon D80 avec un bel objectif Nikkor 17-55 mm.
J'ai réalisé avec lui quelques 1800 photos des USA qui me satisfont.
Le dernier jour de mon voyage (!), il a chuté dans son étui protecteur de... 30 cm de haut.
De retour en France, le devis de réparation s'établit comme suit :
- 520 € pour l'appareil (valeur neuve 680 €)
- 290 € pour l'objectif (valeur neuve 1150 €).
Le commerçant par qui je passe m'a déclaré d'emblée : "ne vous fatiguez pas, remplacez votre appareil ; un tel prix de réparation ne vaut pas le coup de garder l'ancien, m
ême s'il n'a que 4 mois d'âge".
Je ne sais pas ce qui me choque le plus : la valeur exorbitante de la réparation ou l'attitude du "consommer toujours plus" qui m'était conseillée.
J'ai décidé de faire réparer mon appareil, en grande partie pour ne pas avoir à rejeter un appareil dans le circuit de recyclage des déchets.
Mais je ne peux m'empêcher de "pester" contre Nikon. La valeur horaire de réparations est à... 70 €, ce qui est objectivement cher. Dans les 520 €, j'ignore la répartition temps de main d'oeuvre - pièces de rechange, mais vous conviendrez qu'il s'agit d'une somme certaine pour un appareil de cette valeur.
Alors le doute s'insinue en moi : me voilà pieds et poings liés à une marque. Je n'ai pas le choix que d'accepter leur devis ou alors je perds tout. je suis incapable de contester, négocier ou faire comparer leur offre. En clair, ils peuvent me raconter ce qu'ils veulent, ils sont tranquilles. Vous avez peut-être vécu la même situation, avec votre garagiste par exemple.
Bref, voilà un secteur de la consommation qui semble sans contrôle ni concurrence.
Comment croire que, dans ce domaine, les marques font leurs meilleurs efforts pour garder des prix convenables et... des clients heureux et fidèles. C'est bien trop tentant, bien trop facile de se "rattraper" sur l'après-vente. Car avec le doute, c'est bien du dégout que j'éprouve maintenant pour Nikon, alors même que leurs produits me satisfont !
Les entreprises s'interrogent constamment pour savoir comment fidéliser leurs clients, mais elles ne se demandent comment jamais comment elles peuvent rester fidèles à leurs clients : pas de changement de qualité des produits, respects des engagements, pas d'abus de situation, etc.
En
l'occurrence, cette situation dont profite Nikon à court terme pourrait
de retourner contre elle à long terme, quand j'aurai à nouveau
l'occasion de les mettre en concurrence pour un autre achat.
Je ne vois pas de moyen de pondérer ces positions dominantes. Je n'imagine pas l'existence d'un organisme chargé de vérifier au hasard le bien fondé des devis émis en après-vente, tout domaine confondu. Ce serait techniquement impossible (comment contester ce que dit une marque sur ces propres produits ?) et administrativement ingérable.
Dommage...
Payons donc et taisons-nous !
