PIB et PNB : des mesures insuffisantes
Dans la " soirée Bernede ", nombreuses rencontres faites. Beaucoup d'entrepreneurs et de financiers. Je découvre que la Californie regroupe certes 60 % des Venture Capitalists des USA (investisseurs), mais que 25 % d'entre eux sont établis à Boston.Discussion avec un ami allemand, économiste de son état, venu travailler à Harvard. Il insiste sur le fait que les seules mesures du PIB et du PNB sont devenues très insuffisantes pour mesurer l'état et le dynamisme d'un pays. Il rejoint en cela Nicolas Sarkozy, lequel, flanqué de ses deux cracks prix Nobel d'économie, (Amartya Sen et Joseph Stiglitz) veut mesurer aussi… le bonheur des français. Et de fait, Jorgen (car c'est son prénom) soutient qu'à côté de la richesse, il est aussi important de mesurer la force de l'amitié, le plaisir qu'on éprouve à la pêche où le nombre de fois dans l'année où l'on cuisine en famille ! Voire…
Les américains travaillent plus...
Selon lui (et je souscris), les gains de productivité faits en 50 ans de part et d'autre de l'Atlantique ont été orientés de manière opposés : vers plus de richesse pour les américains et vers plus de loisirs pour les Européens. Résultats : les américains travaillent 2100 heures par an environ quand nous ne travaillons que… 1630 heures par an. Encore heureux que nous soyons les plus productifs, comme s'en félicitent mes amis socialistes (oui, j'en ai).... et sont moins protégés
Il enfonce le clou en dénonçant l'extrême fragilité des situations des américains. D'après lui, l'Amérique convient bien aux 1 % les plus riches ; ceux-ci sont à l'abri. Mais déjà les Upper Midddle Class (ceux dont le foyer entre 250 000 et 750 000 $ par an) sont plus exposés. Il m'a affirmé que, si vous avez un cancer ou tout autre maladie dont le traitement est onéreux, votre assurance santé (que vous payez consciencieusement depuis 20 ans) vous lâche en 1, 2 ou 3 ans. Dès lors, ce sont toutes vos économies qui passent dans votre traitement. Si votre père retraité tombe malade, alors vous devrez payer pour lui, car les retraités sont rarement bien couverts.Pour conclure, il me donnait l'exemple d'une famille amie gagnant à deux 400 000 $ par an et élevant 3 enfants. A raison de 100 000 $ par an pour l'école des enfants, ceux-ci ne parvenaient pas à économiser. Fichtre ! De quoi vous faire regretter la bonne vieille sécu.
Emmanuel de Saint-Bon
Correction - ajout du 26 mai :
Peter Gwin qui travaille au National Geographic et que j'ai rencontré à Washington DC tempère un peu cette appréciation de la situation.
Tout d'abord, le programme MEDICARE prend en charge l'essentiel des frais de santé des personnes de 65 ans ou plus et cela quelque ait été leur vie antérieure.
MEDICAID quand à lui prend en charge les plus démunis durant toute leur vie.
Enfin, il existe aux USA une réelle tradition de la charity (je ne trouve pas d'autre mot pour exprimer ce mélange de charité, de business, et d'habitude sociale). Je désigne ainsi le fait que les américains riches semblent donner plus volontiers que "nos riches à nous". La création d'une fondation est monnaie courante et nombre d'entre elles palient les carences (réelles et fortes) du système social américain.
