Présentation ce matin au Salon des Entrepreneurs 2007 d'Alternativa, une bourse dédiée aux startups !
Comme il est expliqué sur leur site, " Alternativa est une plateforme de négociation non réglementée qui organise, entre investisseurs qualifiés, la négociation sur les actions des sociétés non cotées. Pour une entreprise, s'introduire sur Alternativa est un formidable accélérateur de développement. ".
Concrètement, Alternativa est une place de marché permettant :
- aux Business Angels et de rencontrer des " pépites ",
- et aux jeunes pousses de financer leur croissance.
Elle a été créée sur un modèle suédois et sur la base d'un constat simple : Les PME sont souvent sous-capitalisées ; elles manquent de fonds propres. Et les banques n'offrent pas toujours de solutions suffisantes. Il leur faut donc un espace de financement adapté.
Alternativa revendique un fonctionnement " à l'ancienne ". Jugez plutôt : une seule cotation par mois, des " périodes de négociation " étalées sur une semaine et annoncées en amont, ce qui permet aux investisseurs de se renseigner sur les impétrantes et les sociétés déjà " cotées ". Une semaine type de négociation commence par 2 jours de " confrontation du carnet d'ordre " ; il est dévoilé toutes les 2 heures. En outre, il n'y a pas de brokers au sein d'Alternativa.
Ce fonctionnement a pour ambition de corréler davantage la réalité industrielle d'une société avec sa valeur et de réduire la volatilité des cours. La promesse est aussi pour les jeunes pousses d'accéder au financement en restant simple. Le positionnement " non règlementé " d'Alternativa se veut non chronophage, et à coûts de négociation et de transaction faibles. Je suis pour ma part très sensible à ce point sachant que l'activité de levée de fonds est si lourde qu'elle détourne parfois le créateur de sa mission première : trouver des clients.
A l'entrée, la fixation de la valeur d'une start up se fait par enchère ou par expertise (méthode des comparables, des fondamentaux, ou projection du cash-flow sur 3 ans). Alternativa note même " la qualité des informations fournies par les startups ", avec une note qui va de A à C. Bien pensé !
Combien ça coûte ?
- Frais d'admission : 10 000 € upfront pour la conduite de l'audit.
- Commission de 10 k € / an.
- Frais légers sur les transactions
- NB : Les montants échangés sont de l'ordre de 10 à 15 k €.
Combien de sociétés sont-elles pour l'instant cotées ? Deux ! Magnifique, non ?
Riskalis (société de Risk Management) et Trialog, société de conseil en innovation. Ces deux sociétés génèrent moins de 2 M € de CA et ont un RN allant de 50 à 170 k €. Leurs effectifs comptent moins de 20 personnes. Les valorisations sont raisonnables et le " flottant " reste minoritaire.
Alors, le rêve pour les startups ? Oui et non. L'initiative est créative et doit être saluée. Elle facilite incontestablement l'accès au capital pour les jeunes sociétés.
Toutefois, lever des fonds reste une opération délicate et chronophage. En outre, même si " l'argent est là " (comprenez les investisseurs disposent de hauts niveaux de trésorerie actuellement et cherchent à investir), seules les meilleurs dossiers débouchent. Rien de révolutionnaire à cela.
Dernier point : l'une des conditions d'entrée est de générer du chiffre d'affaires ; pas nécessairement de la rentabilité, mais du chiffre d'affaires.
Se concentrer d'abord sur les clients, vous dis-je !
Emmanuel de Saint-Bon
