La note précédente me remet en mémoire la conférence Olivaint, cercle dont j'étais membre plus jeune. Ce soir là, l'invité était Pierre Juquin, ex-Député communiste et ex-membre du Bureau Politique. Le débat portait sur l'évolution du dogme communiste, au gré des "révélations" que les 20 dernières années alors apportées (nous étions en 1989) et notamment sur les "dérapages" et "dévoiements" du communisme.
Un jeune étudiant interrogeant alors Pierre Juquin, évoqua pêle mêle, Soljenitsyne, Mao, Staline, et Pol-Pot et lui demande tout de go si "pour être (encore) communiste en 1989, il fallait être un imbécile ou un salaud" (!).
Juquin lui tint à peu près cette réponse : "mon jeune ami, vous jugez notre Histoire avec le recul que nous avons maintenant et la fougue de votre jeune âge. Comprenez bien que nous avions votre âge à la fin des années 40. Nous sortions de la barbarie nazie ; c'était bien la mère patrie communiste qui, la première, avait détruit le mythe d'invincibilité des nazis. Pour nous tous, l'URSS était notre seconde patrie. Nous étions communistes, fiers de l'être et convaincus d'être du côté des "bons". Pendant 30 ans, nous ne sûmes rien (ou si peu) des dérives Stalinistes. Bien sûr que nous avons maintenant évolué ; mais devons-nous pour autant renier tout notre système de pensée ? Non. Le capitalisme offre-t-il une alternative plus respectueuse de l'homme ? Non. Le débat est ouvert. A vous de juger".
Je ne suis certes pas de son bord, mais j'avais trouvé sa réponse convaincante.
