La Marque Jaune...
Album mythique que j'ai eu la joie d'offrir à Noël ; je vous en livre ma dédicace.
Mon cher ...
Te voici donc en possession de la Marque Jaune. Tu vas lire ce livre pour la 1ère fois de ta vie et j'aimerais être à ta place.
Edgar P. Jacobs, le père de Blake et Mortimer, était très lié à Hergé, l'inventeur de Tintin. Mais à la différence de son comparse qui truffait chaque page de gags, Jacobs a toujours observé la plus grande rigueur dans ses récits.
Le talent de Jacobs se situe d'abord dans l'hyper-réalisme de ses dessins. Les décors, les mobiliers, les monuments, les toilettes des dames même (que ce soit à Paris, dans les Yvelines ou au Japon) reproduisent scrupuleusement la réalité.
Mais surtout, jouant sur cette vraisemblance du cadre, Jacobs introduit dans ses histoires une dimension fantastique : voyage dans le temps, robots, magie, Atlantide, nucléaire, aéronautique ; son éclectisme est époustouflant !
Son style, de surcroit, bannit toute vulgarité, toute familiarité. La langue choisie est littéraire. Tout juste Jacobs autorise-t-il de temps à autres à ses héros un " heavens ! ", un " by jove ! " ou encore un " goddam ! ".
Dans la Marque Jaune, Jacobs aborde le thème de la science dévoyée et du surhomme. Septimus, savant de renom, mûrit une vengeance toute une vie durant pour laver un affront subi pendant ses jeunes années. Comme un démiurge, il créé un être doué de pouvoirs surhumains, lequel se retournera finalement contre lui.
Dans cette histoire, réelle allégorie du Frankenstein de Mary Shelley, Jacobs nous met en garde contre notre orgueil et notre vanité. Ce message reste pleinement d'actualité, à l'ère de la génétique où l'homme tente de s'affranchir de ses contingences et de cloner le vivant.
Bonne lecture !

